Mineurs non accompagnés

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Mineurs non accompagnés 2017-04-01T15:49:02+00:00

Le terme « Mineurs non accompagnés (MNA) » désigne des enfants ou adolescents, demandeurs d’asile, séparés de leur milieu familial d’origine. Ils représentent un groupe de jeunes à risque en raison de leur vulnérabilité qui s’explique par l’absence de figures parentales, du déracinement, de l’insécurité face à l’avenir et de leur précarité sociale. De par leurs parcours et en raison des situations vécues au pays, ils sont souvent porteurs de lourds traumatismes et de deuils.

En tant que soignants nous avons été confrontés à des jeunes qui avaient besoin de se retrouver dans un environnement sécurisant et structurant. Les conditions de logements et d’encadrement du foyer réservé à l’accueil des MNA ne répondant pas aux critères de l’article 22 de la Convention des droits de l’enfant, nous avons décidé de porter cette problématique auprès des autorités, en collaboration avec la coordination asile et le Service Social International.

En juin 2013, Mme la députée Sophie Forster Carbonnier posait une question au Conseil d’Etat sur les conditions actuelles d’accueil des MNA à Genève, «L’encadrement des requérants d’asile mineurs non accompagnés est-il respectueux des droits de l’enfant ? » 

En mars 2013, une task force a été mandatée par le Conseil d’Etat afin d’améliorer les conditions d’existence des mineurs hébergés dans les foyers pour requérants d’asile du canton. Un premier rapport est sorti en automne 2013. Il formulait un certain nombre de recommandations concernant les conditions de vie dans les foyers, l’encadrement éducatif, la sécurité et les besoins nutritionnels et d’hygiène.

Une deuxième task force, ne concernant cette fois que les Mineurs non accompagnés, a été mandatée par le Conseil d’Etat en 2014. Le rapport de cette task force n’est hélas pas encore public. Cependant, nous avons été reçus à plusieurs reprises par cette deuxième task force et avons ainsi pu faire des recommandations :

Recommandations concernant l’accueil des Mineurs non accompagnés du point de vue des soignants d’Appartenances

Genève, le 27 octobre 2014, Philippe Klein et Irène de Santa Ana, Psychologues, spécialistes en psychothérapie FSP à Appartenances-Genève

Les MNA représentent un groupe de jeunes à risque en raison de leur vulnérabilité. Elle s’explique par l’absence de figures parentales ainsi qu’en raison du déracinement, de l’insécurité face à leur avenir, de leur précarité sociale, et souvent en raison de lourds traumatismes et deuils suite aux situations vécues dans leur pays ou en route vers la Suisse.

En tant que soignants nous sommes confrontés à des jeunes qui ont besoin de se retrouver dans un environnement sécurisant et structurant afin de permette la mise en place de sens, de projets de vie, l’élaboration des deuils et traumatismes, la construction identitaire etc… Sans ce minimum, le risque est grand de voir les situations se péjorer ou s’enliser alors qu’ils étaient porteur d’un grand potentiel.

Pour que cela soit possible, nous avons esquissé quelques pistes que nous avons soumises à la Task force en mai et juin dernier.

  1. Essentiel que les RMNA soient considérés comme mineurs avant d’être reconnus comme requérants d’asile. De ce postulat découle le besoin de mettre en place une structure d’accueil éducative répondant aux critères des foyers pour adolescents type FOJ ou Astural.
  2. Importance que le processus adolescent se trouve au cœur du projet. Le processus adolescent se déroule entre 12 et 25 ans environ. Durant ce laps de temps, grâce à l’étayage que l’adolescent reçoit, le jeune va pouvoir élaborer son autonomie et devenir un adulte enraciné et actif dans la société, en d’autres termes, indépendant. Pour cela il faut qu’il bénéficie d’un étayage consistant, c-à-d d’un encadrement lui permettant de se construire et qui respecte son identité et ses aspirations.
  3. Importance de la « personne de référence », c-à-d une personne qui est présente au quotidien auprès du jeune (réveils, repas, devoirs, retours de sorties, couchers, activités, etc.), qui se soucie de lui, qui fait face aux difficultés du jeune qu’il peut rencontrer comme à ses transgressions. On n’ « est » pas personne de référence, on le devient, et on le devient pour le jeune.

Le foyer doit pouvoir rester un lieu de référence pour les jeunes qui le quittent (ex : foyer du Valais).

  1. Lieu de vie: dans tous les cas permettre à ces jeunes de se développer dans un lieu de vie sécurisant et développant la vie communautaire. Importance de la sécurité des lieux. Mettre en place des espaces communs accueillants et permettant des échanges et facilitant le processus de résilience. Il s’agit de mettre en place non seulement un aménagement des lieux mais également d’augmenter la présence adulte et l’organisation d’activités donnant vie à ces locaux ce qui, sans aucun doute, amènera les jeunes à investir et respecter cet espace de vie. Permettre la rencontre entre filles et garçons de manière encadrée.
  • Importance des facteurs qualitatifs et quantitatifs: Quantitatif car il est important que la disponibilité en termes de personnel et d’horaires soit suffisante pour que le processus référentiel ait lieu. Qualitatif car la formation doit être celle d’éducateurs, c’est-à-dire de personnes sachant ce qu’est un adolescent et comment réaliser un accompagnement au quotidien.
  • Passage des normes de foyer d’accueil aux normes de foyer éducatif.
  • Suivi des ex-MNA : prévoir un système d’hébergement et d’encadrement les concernant également.
  1. Placer la formation de ces jeunes au centre de leur accompagnement : construire un réseau de formation professionnels (apprentissage : selon la loi, les permis N ont le droit à un apprentissage), faciliter l’accès aux ateliers de formation de l’HG en cas de rupture professionnelle ou scolaire (modèle du foyer du Valais).

Premier rapport

Deuxième rapport

Photographies réalisées par Claire Littaye

Copyright SSI/Claire Littaye.